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GÉNÉRATION AMIGA EXILE

Exile fait instantanément penser à des jeux basés sur la gravité, comme par exemple Thrust. Et c’est normal, l'un des deux developpeurs d'Exile n'était autre que feu Jeremy Smith, le créateur de Thrust justement, mais ce n’est pas le premier jeu basé sur ce système de propulsion, Space Taxi et Gravitar en sont d’autres représentants, sans oublier bien sûr le tout premier, Lunar Lander. Mais dans Exile on abandonne les vaisseaux, taxis et autres alunisseurs pour un spationaute, mais bipède ou pas, loin d’être en présence d'un jeu de plateforme, ce héros de jeu d’action aventure reste taillé pour les shmup multidirectionnel.

Exile est sorti en 1988 sur BBC Micro, l’ordinateur personnel anglais d’Acorn, c’était le leader du secteur scolaire, un peu à l’image de Thomson chez nous, ainsi comme nous les sujets de sa Majesté expérimentaient les joies de l’informatique pour tous, et ce sont en quelques sortes deux étudiants issues de cette génération qui vont offrir son meilleur titre au beeb, c’est l’autre petit nom du BBC Micro. Conçu en assembleur, Exile pousse la machine dans ses derniers retranchements. Ces concepteurs Peter J.M. Irvin et Jeremy C. Smith ne sont pas à leur premier coup d’essai, Peter avait créé Starship Command d'Acornsoft en 83 et Jeremy c’était Thrust en 86, un jeu reprenant le principe de pilotage de Gravitar sorti en 84 et lui même inspiré de Lunar Lander, et de leur collaboration va naître un des plus brillants jeux de tout les temps ou tout du moins des années 80.

Mais Exile c’est quoi, disons que c’est un jeu d’action aventure à scrolling multidirectionnel dont l’accent est mis sur la réflexion, et ce par la résolution d’énigmes liées à la gravité, la masse et l’inertie, et tout ceci est rendu possible grâce à un moteur physique et de particules très élaboré pour l’époque.

 

Les limites du BBC Micro étant rapidement atteinte durant le développement, ça faisait quand même déjà 7 ans que la machine était en vente avec des 3 versions avec de plus en plus de RAM, mais les concepteurs ont dû quand même faire preuve d’ingéniosité pour compenser le manque de mémoire, et oui 64k en 1988 ça commençait à devenir compliqué, voyez ça comme un défi. Par exemple la map tout entière a été généré grâce à un algorithme spécifique permettant de n’occuper qu’une quantité de mémoire limitée. Ce n’est pas le seul tour de force des devs, ils ont inclus la parole, ce qui était une première sur BBC et ils ont aussi élaboré une intelligence artificielle pour la faune très développée, elle était basée entre autre sur la propagation du son, le champs de vision des créatures sauvages et ces bestioles garde même le souvenir du lieu de votre dernière rencontre, en gros les ennemis sont susceptibles de vous suivre à travers toute la map, on est loin des simples monstres se déplaçant façon essuis glaces, on a droit à du singe radioactif, des oiseaux perforants, des abeilles en plein rush et sans parler des plantes et autres menaces mécaniques . Autre point non négligeable du développement, la lutte contre le piratage, on a donc droit à un système de cryptage lié à l’horloge interne de la machine, que je vais éviter de vous expliquer puisque je n’y comprend rien mais le second stratagème anti-copie est peut être pas moins intéressant, il fallait au début du jeu entrer une phrase issue de la nouvelle qui servait d’exposition au jeu, c’était un procédé fréquent pour exposer le background, en plus de tenter de décourager le piratage il donnait des indices sur les menaces susceptibles d’être rencontrées ingame.

Concernant l’intrigue vous êtes Mike Finn et vous recevez l’ordre de secourir une équipe parti enquêter sur la planète Phoebus, les membres de cet “Task force” devaient appréhender un scientifique hors-la-loi en exil d’où le titre du jeu , cet énergumène s’appelle Triax, et avec un nom pareil ce ne peut être qu’un gros connard et comme en plus le chef de l’équipe disparu est votre ancien instructeur, vous en faites une affaire personnelle. Mais vous savez quoi à peine arrivé ce généticien aux multiples crimes contre l’humanité vous subtilise une pièce de votre système de pilotage, une raison de plus de s’occuper de son cas.

 

Et ce ne sera pas une mince affaire tellement le jeu est difficile à finir, j’avais pour ma part très rapidement abandonné à l’époque, et ce n’est qu’à la faveur de cette review que j’ai enfin réalisé à quel point j’étais passé à côté d’un chef d’oeuvre. J’ai d’ailleurs préféré jouer à la première version sorti sur amiga 500 plutôt qu’à la version AGA et CD32, ces dernières sont évidemment beaucoup plus belles mais le héros et les décors étant deux fois plus gros, on passe plus son temps à se taper dans les murs qu’à avancer, après libre à vous d’essayer la version qui vous chante, et au passage celle du ST est un peu mieux optimisé que celle de l’amiga 500, mais chuuut…

 

Alors quels sont les moyens mis à votre disposition pour arriver à vos fins. Déjà pour vous déplacer si vous n’aviez pas encore remarqué vous disposez d’un jet-pack et petit conseil si par exemple vous voulez qu’il marche de façon optimum prenez soin d’éviter les champignons, leur spores risqueraient d’obstruer les réacteurs. Alors comme la planète Phoebus est inhospitalière il est de bon ton de trouver rapidement les 4 armes différentes qui traînent dans les parages, pistolaser, lance rocket, rayon glaçant et plasma, et pour vous défendre le système de visée vous permet de tirer dans absolument toutes les directions ce qui selon moi n’est pas très fréquent pour l’époque. Si vous trouvez un objet, vous pouvez le prendre, le jeter, le poser ou le stocker pour plus tard. Dernière feature intéressante et primordiale pour finir le jeu, la téléportation, en fait c’est un peu un système de checkpoint à la volée qui offre la possibilité de résoudre tout un tas de puzzle. N’oublions pas non plus l’intérêt du moteur physique qui autorise par exemple d’éteindre un feu avec de l’eau, encore faut il trouver une contenant, autre cas plutôt malin, si un vent violent venant du bas vous empêche d’avancer, essayez de porter un objet lourd, je dis ça je dis rien.

En tout cas il y a souvent plusieurs façons de résoudre un problème, on a droit à une map plutôt imposante et le sentiment de liberté est au rendez vous. Ce Metroidvania avant l’heure est sans conteste un titre qu’il faut avoir essayé au moins une fois dans sa vie.

 

news de Doc Return le 11/01/2018


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